Voici les définitions retenues dans ce guide. Elles n’impliquent pas que tous les historiens emploient chaque mot de manière identique dans toutes les régions ou à toutes les époques. Lorsqu’un terme possède un sens particulier documenté à Monpazier, la source locale est précisée.

La ville planifiée et son gouvernement
Bastide — une ville nouvelle planifiée du Moyen Âge
Dans le Sud-Ouest de la France, le terme bastide désigne couramment une implantation planifiée fondée au Moyen Âge, souvent dotée d’un réseau organisé de rues et de parcelles, d’un espace central de marché et d’un cadre civique régi par une charte. Monpazier fut fondée en 1284. Le mot ne signifie pas que chaque édifice visible date de l’année de fondation.
Paréage — un accord de partage des droits et des revenus
Monpazier fut fondée selon un arrangement entre Édouard Ier, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, et Pierre de Gontaud, seigneur de Biron. Aucun exemplaire du contrat original de paréage n’est connu à ce jour ; une notice rédigée en 1769 en résume la teneur. Ce guide ne cite donc pas de clauses inventées d’un document connu seulement par des sources postérieures.
Charte de coutumes — la charte de la communauté
L’Inventaire régional la décrit comme un ensemble de règles juridiques, administratives, fiscales et communales accordées aux habitants. À notre connaissance, la charte originale de Monpazier n’a pas été conservée, bien que son application ait été confirmée par Louis XI en 1462 puis Charles VIII en 1484.
Détroit — le territoire rattaché à la juridiction de la bastide
En 1289, Monpazier reçut un détroit formé des paroisses de Capdrot, Marsalès, La Valade, Gaugeac et Saint-Cassien. Le mot désigne ici un territoire juridictionnel documenté, et non son sens maritime actuel.
Bayle — un officier d’administration ou de justice
Le dossier régional nomme Bertrand de Panissals comme premier bayle de Monpazier et comme promoteur initialement choisi lors de la fondation par Jean de Grailly, sénéchal du roi-duc. Un terme actuel simplificateur tel que « maire » déformerait la nature de la fonction.
Consuls et jurade — les représentants civiques et leur corps de gouvernement
Les habitants de Monpazier étaient représentés par des consuls ; le dossier régional nomme cinq premiers membres. Des documents ultérieurs emploient jurade pour désigner le corps municipal. Il s’agissait d’institutions historiques, non d’équivalents exacts de la mairie et du conseil municipal actuels.
Feu — un foyer utilisé comme unité de dénombrement
Le dénombrement de 1365 attribue 315 feux à Monpazier, la plaçant parmi les six plus grandes agglomérations du Périgord. Un dénombrement de feux n’est pas un comptage individuel : il ne doit pas être converti en population exacte sans méthode démographique explicite.
Rues, parcelles et place
Carreyrou — une ruelle secondaire étroite
La commune et l’Inventaire régional emploient carreyrou pour les passages étroits qui traversent les principaux îlots ou passent entre eux. Ils révèlent une échelle secondaire d’accès et de circulation. Ce guide ne leur attribue pas systématiquement une fonction d’évacuation des eaux lorsqu’elle n’est pas donnée par la source citée.
Cornière — une structure couverte reliant les édifices d’un angle
Le rapport officiel de sauvegarde de Monpazier distingue les structures situées aux quatre angles de la place des Cornières des longues galeries couvertes. Cette distinction locale explique le nom de la place avec plus de précision que le mot « arcade » appliqué à chaque rive abritée.
Couvert — la façade couverte le long de la place
Les couverts avancent depuis les propriétés privées au-dessus de la voie communale entourant l’espace du marché. Ils forment un pourtour abrité continu, mais les maisons situées derrière restent des édifices distincts, avec leurs propres histoires et notices de protection.
Boisseau — une ancienne mesure de capacité
Les trois mesures à grains fixes sous la halle sont décrites localement comme contenant deux, quatre et huit boisseaux. L’interprétation du Département de la Dordogne donne 12,5 litres pour le boisseau local ; les valeurs historiques variaient selon le lieu et l’époque, cette conversion ne doit donc pas être généralisée.
Parcelle cadastrale — une unité du cadastre
De nombreuses notices de protection donnent un ancien numéro de parcelle plutôt qu’une adresse moderne. La référence cadastrale est un identifiant juridique et cartographique ; la faire correspondre à une porte actuelle exige des preuves et peut être compliquée par des divisions ou réunions ultérieures.
Enceinte — le système défensif entourant la ville
Le mot peut désigner le système défensif de clôture plutôt qu’un mur conservé particulier. Monpazier garde trois notices de portes protégées et une tour du rempart oriental partiellement protégée, tandis qu’une grande partie de l’ancienne enceinte a été transformée ou a disparu.
La protection du patrimoine en France
Monument historique — une protection patrimoniale réglementaire
La base POP du ministère de la Culture publie les notices officielles utilisées dans ce guide. Une notice peut concerner la totalité d’un édifice ou seulement des éléments nommés, comme une façade, une galerie, une toiture, une tour ou le sol sous une arcade.
Classé et inscrit — deux niveaux juridiques de protection
Ce sont deux formes réglementaires de protection au titre des Monuments historiques. La catégorie exacte, la date et l’étendue protégée sont reprises de chaque notice. Aucune de ces dates n’est une date de construction.
Mérimée et Palissy — des notices d’édifices et d’objets
Les notices Mérimée concernent le patrimoine architectural, comme Saint-Dominique ou une porte de ville. Les notices Palissy concernent les objets mobiliers, comme les stalles du chœur. L’histoire du bâtiment et celle des objets doivent rester distinctes, même lorsqu’elles partagent un même lieu.
Étendue de la protection — ce que couvre exactement la notice juridique
« Maison classée » est souvent trop vague. Autour de la place des Cornières, une notice peut protéger une façade et une galerie couverte, tandis qu’une autre inclut les toitures et le sol sous les galeries. Le registre reprend l’étendue officielle plutôt que de considérer chaque propriété comme intégralement protégée.